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MAK - Kabylie - Autonomie

Ferhat Mehenni : la conférence du 6 juin 09 à l’UQAM

Thème : Évolution de la situation politique en Kabylie

dimanche 7 juin 2009 M. Idris 261 10 % 0

- Parmalien: http://kabyle2setif.net/spip.php?article120

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« De DeLorimier à Matoub Lounes, le même combat. »

C’est ce slogan qui était accroché au tableau de l’amphithéâtre derrière Ferhat Mehenni lors de sa conférence organisée à l’UQAM (Université du Québec à Montréal) avant-hier le 06 juin 2009. Ainsi, le maquisard de la chanson et cause kabyles a fait son entrée sous une pluie d’applaudissements de quelques deux-cent personnes ; il y avait des Kabyles, des Québécois et trois agents envoyés par les autorités qui travaillent fort à nous effacer. le combat de Ferhat Mehenni, celui de tous les Kabyles et de tous les peuples épris de paix, de liberté et de justice, est associé à cet indépendantiste québécois pendu le 15 février 1839 à la prison de Montréal, De DeLorimier, ainsi qu’à l’éternel rebelle éternel Matoub Lounes.

Le Mouvement pour l’Autonomie de la Kabylie (MAK) passe de l’étape embryonnaire à l’étape de la revendication et de l’internationalisation de la cause kabyle. Effectivement, Ferhat Mehenni, après son retour de Washington où il a plaidé la cause kabyle à l’ONU et l’a officiellement inscrite parmi les causes des peuples autochtones du monde, a atterri à Montréal pour continuer son combat auprès des siens qui n’attendent qu’un leader pouvant les encadrer afin de se débarrasser de ce pouvoir central islamo-bâthiste qui nous confisque notre identité kabyle, et de sensibiliser les Québécois ayant le même combat, qui adhèrent déjà à notre cause depuis longtemps. On notera la présence de quelques membres de l’organisme « La Famille » comme Yvan Bombardier, Anzar Djabri, Nadiejda Valdes, Raphaëlle Nault, Bo Dupays... qui luttent pour les droits des peuples autochtones et la paix entre les communautés et les peuples.

Ouvrant une fenêtre sur l’histoire de notre combat qui changeait de forme à chaque fois que le mouvement voulait devenir plus rassembleur "plus qu’il n’en fallait". En commençant par l’Étoile Nord Africaine en 1926, en passant par la cause berbériste pendant la colonisation française et les partis politiques actuels qui cherchent une homogénéité inexistante au sein du peuple amazigh, si ce n’est la langue mère et quelques traditions. Il faut donc canaliser ses énergies pour que l’issue de notre combat puisse aboutir et que le peuple kabyle puisse avoir son autonomie, enseigner sa langue et sa culture et s’affirmer en tant que tel avant que l’effacement identitaire ne s’abatte sur nous.

Linguistiquement, la langue amazighe doit être considérée comme langue mère par rapport à la langue kabyle, à l’instar du latin qui est la langue mère du français, de l’espagnol, de l’italien... Il advient ainsi d’enseigner le kabyle en latin dans nos écoles et non le tamazight, car les peuples amazighs ne se comprennent pas tout à fait quand ils communiquent entre eux en langues maternelles. Ferhat Mehenni prend comme exemple le kabyle et le targui qui ne dépassent pas les 20% de compréhension quand on s’engage en discussion. On ne peut mener un combat avec les M’zabs quand la religion s’y oppose farouchement dans toute tentative d’unification.

Après avoir remercié les assistants de leur attention, Ferhat Mehenni les invite à passer aux questions-débat. Parmi les questions soulevées on notera quelques unes que voici :

Un interlocuteur évoque le risque de s’engager immédiatement dans cette idée autonomiste en faisant allusion aux répressions que subissent les Tamouls et les Kurdes.

Le conférencier aborde cette question d’un autre angle, en différenciant entre les causes kabyle et tamoule : la première s’appuit sur une démarche pacifique et la deuxième sur une démarche armée. Ferhat Mehenni a, de l’autre côté, souligné la lâcheté de la communauté internationale en fermant les yeux sur ces massacres. Le peuple kabyle ne peut rester inerte face à notre génocide identitaire et culturel perpétré par le gouvernement algérien. Il cite au même temps le principe de recours aux solutions politiques du peuple kabyle malgré de multiples provocations de « la casquette algérienne » comme les événements de 80 et de 2001.

Questionné sur les poursuites judiciaires dont le gouvernement algérien l’este actuellement, il répond que c’est de la provocation ; on instrumentalise la justice pour faciliter la tâche de l’oppression et étouffer cette voix qui se hisse un peu partout dans le monde. Il affirme que ce n’est pas possible de donner sa liberté comme cadeau pour le pouvoir algérien.

Ferhat Mehenni a, par ailleurs, déclaré que le MAK sera dissout après l’autonomie de la Kabylie pour que les erreurs de l’histoire ne se répètent point comme c’était le cas avec le FLN.

« Si nous restons dans le silence en craignant la répression, l’effacement de notre identité se fera et ce sera à petit feu ! ». Sur ces mots, se termina la conférence de Ferhat Mehenni.

Après avoir accordé beaucoup de temps à ses admirateurs prenant des photos avec eux, signant des autographes et répondant à leurs questions, notre messager pacifiste, visiblement très touché par le soutien des membres de la communauté kabyle à Montréal, nous quitta pour aller faire entendre la voix des Kabyles dans d’autres lieux...

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